Groupement Français de l'Industrie de l'Information Les Acteurs du Marché de l'Information et de la Connaissance
 
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Développer le secteur de l’ingénierie des connaissances en France : les propositions du GFII

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1. Les spécificités du secteur de l’ingénierie des connaissances

L’ingénierie des connaissances rassemble :

-   les technologies de dématérialisation et de collecte : passage du papier au numérique et du numérique au numérique (adaptation, conversion de formats), agrégation et réagencement des contenus, rich media...

-   les technologies pour donner du sens et de la valeur ajoutée au contenu (indexation, moteur de recherche, navigation, veille, cartographie, traduction, rich content...).

-   les technologies pour mieux diffuser les contenus (diffusion personnalisée, diffusion multimédia, multimodale, multi-usages).

Un secteur à forte intensité en R et D et à retour sur investissement long
C’est une industrie à forte matière grise, où la R&D est essentielle. 30 à 35 % du CA sont investis en R&D par rapport aux autres filières. En conséquence, les retours sur investissement sont particulièrement longs et notamment dans le secteur professionnel : le processus qui va de l’émergence d’une technologie à son industrialisation, puis à la mise sur le marché prend de 5 à 7 ans au minimum.

2. Les atouts de la France

Bon nombre de technologies sont nées dans des laboratoires de recherche en France et ont donné ensuite naissance à des PME.

La France dispose aujourd’hui d’une panoplie d’acteurs innovants et performants, via un tissu important de PME conceptrices de technologies (plus d’une centaine), couvrant l’ensemble du spectre de compétences de l’ingénierie de la connaissance.

De plus, la France dispose d’une richesse exceptionnelle en matière de contenus (patrimoine, recherche, données publiques..). Ces gisements pourraient être d’autant mieux exploités que la France dispose de l’ensemble des acteurs maîtrisant les technologies capables de les valoriser.

L’enjeu est de promouvoir les synergies entre les différents acteurs crédibles de l’amont (industriels du secteur, entreprises « spin off » issues des laboratoires, tissu scientifique et académique, financeurs de l’innovation...) et de favoriser les relations entre l’offre et la demande vers l’aval.

3. Les faiblesses de la France

-  La France ne compte pratiquement pas d’entreprises de taille intermédiaire (entre 250 et 5000 employés) et d’envergure internationale, en capacité de devenir à terme des « champions » du secteur.

-  A côté d’un noyau de PME conceptrices de technologies, se trouvent une myriade de petites sociétés ayant des activités de service et de sous-traitance dans le domaine. Ces PMI et TPE (dont les effectifs sont généralement inférieurs à 50 personnes) ne font que peu de recherche-développement par elles-mêmes et ont difficilement accès aux technologies tierces. Toutefois, elles ne sont pas sans intérêt car ce vivier de petites entreprises est bien implanté au niveau local et joue un rôle de proximité et d’accoutumance à l’usage de l’ingénierie des connaissances ;

-  Le passage de la PME centrée sur son marché intérieur, ou a fortiori d’une entreprise de plus petite taille, à la PME exportatrice est difficile. Ce constat n’est pas propre à l’ingénierie des connaissances et vaut pour l’ensemble du tissu industriel français. Mais cette situation est d’autant plus critique dans ce secteur où la R&D joue un rôle crucial : des acteurs majeurs ne parviennent pas à émerger ;

-  Il y a en France insuffisamment de crédits incitatifs, consacrés au développement de projets associant des technologies innovantes dans le domaine de l’ingénierie des connaissances ;

-  Dans le cadre des chantiers relatifs à la modernisation de l’Etat, ces technologies innovantes sont insuffisamment prises en compte ;

-  La culture des acheteurs publics ne favorise pas le recours aux PME et aux technologies innovantes ; d’autre part, aucun dispositif ne privilégie les PME dans les marchés publics, au contraire des mesures mises en place dans d’autres pays, tel les Etats-Unis avec le Small Business Act ;

-  Il n’y a pas de programme emblématique mobilisateur pour le tissu des PME ;

-  Les dispositifs de soutien existants sont insuffisants : o aucun acteur du secteur n’est soutenu par le Fonds Stratégique d’Investissement,
o le statut de jeune entreprise innovant est très restrictif,
o le Crédit impôt recherche est un bon dispositif mais les ¾ du montant global partent dans les grands groupes, alors que les PME devraient en bénéficier en proportion beaucoup plus grande ;

-  Cet environnement peu propice a pour conséquence le recours trop fréquent aux « technologies venues d’ailleurs » et aux acteurs étrangers qui en disposent : faute de réponse nationale appropriée, cette situation contribue à alourdir notre déficit commercial et restreint la création d’emplois dans le secteur.

4. Des propositions

L’ingénierie des connaissances est un secteur stratégique qu’il faut soutenir pour des raisons de culture et d’économie. Le potentiel d’innovation et de valeur ajoutée qu’elle recèle en fait à l’export un capital méritant d’être exploité. Les technologies innovantes qu’elle développe sont aussi à même de s’intégrer et se déployer dans une quantité « infinie » d’autres pans de l’économie et, en servant d’exemple, d’impulser par là-même la compétitivité propre de l’ensemble des entreprises.

4.1. Développer une politique sectorielle

-   Mettre en œuvre des programmes de développement industriel et de soutien en R&D, dédiés aux PME du secteur numérique en favorisant les programmes atteignant des masses critiques crédibles. Les programmes existants (ANR) bénéficient plutôt à la recherche R&D dans les laboratoires ;

-   Stimuler l’innovation en renforçant les échanges entre les laboratoires de recherche et le tissu industriel, en France et en Europe ;

-   Par extension, au niveau européen, développer et stimuler la recherche partenariale et les écosystèmes fertilisant l’innovation en réseau (clusters, pôles de compétitivité régionaux et transrégionaux au niveau européen, etc.) ;

-   Assouplir l’obtention du statut de Jeune entreprise innovante ;

-   Favoriser dans ce domaine le regroupement et la coopération des PME autour de programmes ou projets ambitieux à l’initiative de l’Etat ;

-   Flécher une part plus grande des appels d’offres publics vers les PME spécialisées du secteur : les dispositifs de type SBA, mis en place en Allemagne et aux Etats-Unis par exemple, fonctionnent sans contrevenir au droit de la concurrence et des marchés publics ;

-   Mettre en place des aides au recrutement, notamment pour l’embauche des jeunes ingénieurs ou chercheurs. Les sociétés ont besoin de personnel qualifié. Compte tenu de la particularité du secteur, pour toute nouvelle embauche, il faut prévoir environ 6 mois de formation supplémentaire spécifique ;

-   Adapter les offres de formation aux technologies numériques.

4.2. Renforcer les dispositifs de financement en France et au niveau communautaire

1) au plan national
Des dispositifs existent actuellement, mais ils sont génériques. Ils sont donc peu adaptés et insuffisamment orientés vers le secteur des technologies numériques.

Une animation capitalistique est indispensable notamment pour fédérer les acteurs. Des actions financières sont nécessaires pour :

-   Favoriser les apports en capital ;

-   Stimuler l’action des fonds d’amorçage et des fonds d’investissement dans le secteur (FSI et acteurs du capital risque) ;

-   Simplifier et alléger les procédures d’attribution des aides OSEO ;

-   Réorienter le Crédit impôt recherche vers les PME : il faudrait notamment un taux d’abondement spécifique pour les PME.

2) la dimension européenne

Elle doit être prise en compte :

-  en soutenant les initiatives visant à établir un cadre réglementaire et fiscal homogène, de nature à favoriser chez les financeurs la prise de risque et l’acceptation de ROI différés par les fonds d’amorçage

-  en structurant davantage de capital-risque européen pour mieux l’orienter vers les secteurs « gourmands » en R&D comme l’ingénierie des connaissances : cela passe par un élargissement de la surface financière des fonds, dans la double perspective d’une mutualisation des risques et d’une diversification des cibles bénéficiaires.

4.3. Favoriser le déploiement international

Les sociétés ont actuellement besoin d’aides ciblées et ponctuelles pour démarrer une implantation à l’étranger. Une implantation hors des frontières requiert une période de prospection suffisamment longue : il faut consacrer de 12 à 18 mois pour un ingénieur d’affaires, à titre d’exemple.

4.4. Développer des projets industriels autour de la modernisation de l’Etat

L’utilisation des technologies numériques est un formidable outil d’amélioration des performances des services de l’Etat. Or, l’Etat est sous équipé (au niveau territorial et national) et des gains de productivité importants restent à réaliser dans les domaines de la gestion de l’information, de la communication et des NTIC appliquées à la formation et à la sécurité. Cela l’implique que l’Etat investisse dans de nouveaux programmes et développe des formes nouvelles de financement adaptées à ces projets, en faisant travailler de préférence les PME.

La mise en œuvre de l’ensemble de ces mesures constituerait un facteur puissant pour faire émerger des acteurs de taille significative, capables de créer de nouveaux emplois et d’exporter leur savoir-faire

A propos du GFII

Le Groupement Français de l’Industrie de l’Information regroupe les acteurs du marché de l’information et de la connaissance : producteurs d’information, éditeurs, serveurs, intermédiaires, diffuseurs d’information, prestataires, éditeurs de logiciels, bibliothèques et organismes acheteurs d’information.

Le GFII anime des groupes de travail, qui permettent aux acteurs de l’industrie de l’information de se rencontrer, de confronter et d’échanger leurs points de vue sur les aspects juridiques, techniques et économiques du secteur. Du fait de sa composition, rassemblant des membres des secteurs privé et public, le GFII est un lieu privilégié pour faire progresser la connaissance mutuelle des différents acteurs de l’information, leurs métiers, objectifs et contraintes.

Les membres du GFII : ABES, ACFCI, AFNOR, AFP, Agence économique de Bretagne, Altarès, AMI Software, Ardans, Argus de la Presse, ATOS Worldline, Atradius, Banque de France, Bibliothèque Cujas, Bibliothèque de l’Université René Descartes, Bibliothèque Publique d’Information, Bilans Service, BNF, Bureau van Dijk Ingénieurs Conseils, Bureau van Dijk Information Management, CAIRN, Canope, Capadoc, Caisse des dépôts et consignations, CCI de Paris, CEA, CEDOCAR, Cedrom-SNi, CEMAGREF, CIRAD, Coface, Coface Services, Conseil Général du Val de Marne, Crédit Agricole SA, Digimind, DILA, Dow Jones, EADS FRANCE INNOVATION WORKS, Ebsco Information Services, EDD, Editions Francis Lefebvre, Editions Législatives, EDP Sciences, Elsevier Masson, ENSSIB, FNSP, GDF, Groupe Moniteur, HBS Reseach, Help Management, IFP, IGN, Indexpresse, INIST CNRS, Infogreffe, INPI, INRA, INRIA, INSEE, INSERM, Institut Pasteur / Médiathèque Scientifique, INTD-Cnam, INTELLIXIR, IRSN, Jamespot, JLB Informatique, Jouve, KB CRAWL SAS, Language Weaver, Lavoisier, Lexis Nexis, Ministère de l’Ecologie et du développement durable, Musée du CNAM, MV Etudes et Conseil, Office International de l’Eau, Orange Business Services, Pikko, Questel, Qwam Content Intelligence, Reverso Softissimo, Séance Publique, Serda, Social Computing, SOFIA, Spotter SA, Swets, Systran, TEMIS, Thomson Reuters, TNS Media Intelligence, Total, TSP-Diffusion, Université de Marne-la-Vallée, Wolters Kluwer France

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